Dates Souccot  2020, 2021
Soukot 2020 : du vendredi 2 octobre au soir, au vendredi 9 octobre au soir.
- Allumage des bougies vendredi soir 2 octore avant 19h10
- Allumage des bougies samedi soir 3 octobre après 20h13

Souccot : le temps de notre joie

Les fêtes de Roche Hachanah et Yom Kipour portent le nom de « Fêtes Austères ». Mais c'est précisément la fête de Soukot qui porte la marque de la joie au point qu’elle est appelée « Le Temps de notre réjouissance ». Alors que, hors de nos solides maisons de pierre, nous nous installons dans les soukot, les cabanes couvertes de feuillage qui servent de résidence pendant une semaine, nous savons que la protection que D.ieu nous accorde ne se dément jamais. Nous savons aussi que, unis par les rites de la fête, par la bénédiction quotidienne prononcée sur le Loulav et l'Etrog, rien ne peut nous désunir. De telles perspectives, parce qu'elles révèlent l'essence de ce que nous sommes autant que le sens de notre vie, nous emplissent d'une joie que les mots ne peuvent décrire. Ce sentiment nous accompagne ainsi pendant toute la durée de la fête. Il emplit chacune de nos journées, transformant le quotidien, nous entraînant vers des sommets que nous ne croyions pas être capables d'atteindre. Tel est en effet le pouvoir de la vraie joie. Pour reprendre la formule de nos Sages: « a joie brise les barrières. »

Cette année les fêtes de Soukot, Chmini Atsérèt et Sim’hat Torah seront célébrées du 2 au 11 Octobre 2020. Les femmes, les jeunes filles et les petites filles allument les bougies, de préférence dans la Soukah pour accueillir la fête. Pour le texte des bénédictions, consultez votre livre de prières habituel et pour l’heure d’allumage le calendrier juif dans votre ville. 

Les sources bibliques de la Fête de Soukot

Il est écrit dans la Torah : Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre avot et des saules de rivière ; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre D.ieu, pendant sept jours. Vous la célèbrerez cette fête pour l’Éternel, sept jours chaque année. C’est une règle immuable pour vos générations, au septième mois vous la fêterez. Vous demeurerez dans des Soukot durant sept jours ; tout citoyen en Israël demeurera dans des Soukot, afin que vos générations sachent que c’est dans des Soukot que J’ai fait résider les enfants d’Israël, quand Je les ai fait sortir du pays d’Égypte, Moi, l’Éternel, votre D.ieu. (Lévitique 23, 40-43)

Chaque année, pendant sept jours, du 15 au 21 Tichri, nous résidons et nous mangeons dans une Souka, c’est-à-dire, une cabane dont le toit est provisoire et construite suivant des lois très précises.

L’origine de la Soukah : Les « nuées de gloire »

La Soukah symbolise les  nuées ou nuages qui entourèrent le peuple juif après sa sortie d’Égypte, tout au long des quarante de sa traversée du désert avant d’entrer en Terre Sainte. Ces nuages aplanissaient les montagnes et comblaient les vallées qui se trouvaient sur le chemin du peuple juif. Ils le protégeaient aussi des serpents, des scorpions et des flèches de ses ennemis, et ils nettoyaient et repassaient aussi ses vêtements. Lorsque nous résidons dans la Soukah, nous évoquons la miséricorde infinie et éternelle de D.ieu à l’égard de nos ancêtres et de chacun d’entre nous aujourd’hui.

Comment accomplit-on la mitsvah de résider dans la Soukah? 

Il faut manger, boire et vivre dans la Soukah, jour et nuit, tout comme l'on vit chez soi les autres jours de l'année. Pendant sept jours, l'homme doit faire de son foyer une résidence temporaire et de la Soukah sa résidence permanente. (Choul'hane Aroukh, Orakh ‘Hayim 639 :1).

Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on dira la bénédiction adéquate suivie de la bénédiction : Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Léchève Bassouccah :- « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné de résider dans la Souccah ».

La mitsvah de résider dans la soukah est unique : la personne y est entièrement investie car chaque partie de son corps, chaque cellule de sa personne est totalement enveloppée, investie et absorbée par cette mitsvah.

LES INVITÉS DE SOUKOT
 

Le Zohar nous enseigne que nos invités de Soukot incluent non seulement ceux qui partagent nos repas de fête, mais également des invités venus des sphères spirituelles. A Soukot, nous recevons sept Ouchpizine (“invités honorés”): Avraham, Yts’hak, Yaakov, Moché, Aaron, Yossef et le Roi David. De plus, nous recevons en même temps des Ouchpizines ‘hassidiques : le Baal Chem Tov, le Maggid de Mézéritch, Rabbi Chnéor Zalman, Rabbi Dov Ber, le Tséma’h Tsédèk, le Rabbi Maharach et le Rabbi Rachab. Bien que ces visiteurs viennent ensemble dans nos Soukkot, chaque jour de la fête, l’influence de l’un d’entre eux est particulièrement dominante au fil des sept jours de Soukkot et ses qualités nous enseignent des leçons à appliquer dans notre service de D.ieu.

 

LE LOULAV ET L’UNITÉ DU PEUPLE JUIF

Pendant les sept jours de la fête de Soukot, la Torah ordonne de prendre un bouquet de plantes composé de quatre espèces : le loulav (une branche de palmier-dattier), l’étrog (le cédrat) les hadassim (trois branches de myrte) et les aravot (deux branches de saule). Parmi ces plantes, une a parfum et goût : le cédrat ; une autre n'a que du goût : la datte, (fruit du palmier-dattier) ; une troisième n'a qu'une bonne odeur : la myrte ; enfin la quatrième n'a ni parfum ni goût (le saule). Le parfum et le goût symbolisent l'étude de la Torah et la pratique de ses commandements. Dès lors, on comprend que chaque plante représente une catégorie du peuple juif : depuis ceux qui ont étudient la Torah et pratiquent les commandements jusqu'à ceux qui n'ont ni l'un ni l'autre, en passant par les degrés intermédiaires. Lorsqu’ils sont  tous réunis, alors seulement la bénédiction peut être récitée. Chaque jour, sauf le Chabbat, nous disons une bénédiction particulière sur ce bouquet: Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Acher Kidechanou Bémitsvotav Vétsivanou Al Nétilat Loulav : Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l'univers Qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de prendre le Loulav. (Lévitique 23:40)

Les deux premiers jours (ou le premier jour en Israël) sont des jours de fête (yom tov), où le travail est interdit, les bougies sont allumées le soir et les repas de fête sont précédés du Kidouch et incluent de la ‘hallah (pain) trempée dans du miel. Les jours intermédiaires sont des demi-fêtes appelées ‘hol hamoed. Nous habitons dans la Soukah et prenons les Quatre Espèces tous les jours (à l’exception du Chabbat). Les deux derniers jours (ou le dernier jour en Israël) sont appelés Chmini Atséret et Sim’hat Torah. Ce sont des jours de yom tov, marqués par des danses avec la Torah, la prière commémorative de Yizkor (pour les défunts) et encore plus de joie.

Sim'hat Beth Hachoéva

Pendant la fête de Soukot, une joie intense régnait à Jérusalem, et particulièrement dans le Temple. C'était le temps de Sim'hat Beth Hachoéva. Dans cette période, on versait de l'eau sur l'autel avec le vin qui, habituellement, y était seul offert. La joie était alors à son apogée. Au point que celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beth Hachoéva n’a pas vu de joie de sa vie. (Traité Soukah Chapitre 5 Michna 1). Le Talmud nous rapporte que les plus grands Sages venaient y prendre part, dansant toutes les nuits pendant la semaine de fête, se contentant de sommeiller sur l'épaule d'un ami quand le besoin en devenait pressant. On pouvait voir aussi les maîtres du temps jongler avec des torches allumées. Personne n'aurait manqué cette célébration. Tous, hommes, femmes et enfants, venaient voir et ressentir cette allégresse sans pareille, tant par sa profondeur que par sa sainteté. Bien sûr, tout cela était, là aussi, lié à l'existence du Temple. 

Hochaana Rabba

Le septième jour de Soukot (le 21 Tichri) est appelé Hochaana Rabba. C’est le jour où le jugement divin commencé à Roche Hachana est finalement scellé. Il est célébré par des prières de supplications particulières dans lesquelles nous implorons D.ieu de nous juger favorablement. C’est pourquoi les hommes restent éveillés toute la nuit, lisent tout le livre de Devarim (Deutéronome) puis le livre entier de Tehilim (Psaumes). Dans certaines communautés, on mange dans la Soukkah des pommes rouges trempées dans le miel. Nous consommons néanmoins un joyeux repas de fête dans l’après-midi, confiant dans la bienveillance de D.ieu. C’est aussi le dernier jour où l’on accomplit la mitsvah des Quatre Espèces et où nous récitons la bénédiction de la Soukkah.

Un récit sur Soukot

On raconte l’histoire d'un visiteur qui s'arrêtant dans la maison du grand maître 'hassidique, Rabbi DovBer de Mézéritch, fut frappé par la pauvreté qu'il y trouva. La maison de Rabbi DovBer n'avait aucun meuble à l'exception de planches de bois brut qui servaient de bancs pour ses élèves durant le jour et de lits pour sa famille, la nuit. « Comment pouvez-vous vivre ainsi ? » demanda le visiteur. Je suis moi-même loin d'être riche, mais au moins, chez moi il y a, grâce à D.ieu, les nécessités vitales : quelques chaises, une table, des lits… » « Vraiment ?" répondit Rabbi DovBer. Mais je ne vois avec vous aucun de vos meubles ? Comment vous débrouillez-vous sans ? » « Que voulez-vous dire ? répondit le visiteur. Pensez-vous que je transporte avec moi toutes mes possessions où que j'aille ? Quand je voyage, je me débrouille avec ce que je trouve. Mais à la maison… Ah la maison d'une personne, c'est tout à fait autre chose ! » « Eh oui ! dit Rabbi DovBer, à la maison c'est bien différent… » Le Maguid considérait que nous sommes de passage dans ce monde matériel et éphémère et qu’il faut donc se contenter de peu.